UNOCA
Bureau régional des Nations Unies pour l'Afrique centrale

Afrique centrale : des progrès et des crises persistantes

Femmes refugiees dans le Nord Cameroun

La Sous-Secrétaire générale pour l’Afrique, Martha Pobee, a présenté mardi, 9 juin, devant le Conseil de sécurité le 30e rapport du Secrétaire général de l’ONU sur la situation en Afrique centrale et les activités du Bureau régional des nations Unies pour l’Afrique centrale (UNOCA). Ce rapport souligne une situation géopolitique contrastée marquée par des progrès politiques et démocratiques dans certains pays et des conflits persistants dans d’autres.

Au cours des six derniers mois, dans plusieurs pays d’Afrique centrale, des réformes institutionnelles se sont poursuivies, des plateformes de dialogues ont été organisées et des processus électoraux ont été engagés. Des avancées qui n’occultent pas la confiscation des libertés politiques et individuelles et la détérioration de la situation humanitaire conséquente des conflits transfrontaliers favorisés notamment par la résurgence des groupes armés. En témoigne, l’afflux massif de populations déplacées à la suite de la crise au Soudan qui aggrave une crise humanitaire déjà sévère. La guerre au Soudan qui est dans sa quatrième année a déjà conduit 1.200.000 de personnes vers le Tchad, un pays aux prises à des défis économiques et sociales internes. L’Afrique centrale doit encore faire face à une multitude de groupes issus de l’organisation terroriste djihadiste Boko Haram dont les actions se poursuivent sur les frontières avec des attaques ciblées sur les civils, notamment au Cameroun et au Tchad.

Les Nations Unies s’inquiètent encore plus de la « tendance préoccupante à la multiplication des restrictions des droits civils et politiques est observée dans plusieurs parties de l’Afrique centrale ». Martha Pobee a rappelé au cours de sa présentation que l’espace civique s’amenuise. Les tensions politiques se ravivent avec les condamnations des acteurs politiques, le manque de confiance autour des processus électoraux et, de plus en plus, une restriction de la liberté d’expression marquée essentiellement par la suspension, voir l’interdiction d’accès aux réseaux sociaux et internet. Ce rétrécissement de l’espace politique et de la vie démocratique dans quelques pays de la sous-région inquiète car susceptible d’entrainer la formation de nouveaux foyers de tensions, le dialogue ayant été rompu.

Le rapport du Secrétaire général note, avec satisfaction, l’engagement et le dynamisme actuel de la Communauté économique des États de l’Afrique centrale (CEEAC), dirigée par une nouvelle équipe, qui s’est récemment dotée d’un plan stratégique pour la période 2026-2030. Les nations Unies rappellent que l’Afrique centrale fait face à plusieurs défis. De nouveaux chocs fragilisent la paix et la sécurité. Depuis quelques semaines, le virus Ebola a l’Est de la RDC est venu s’ajouter aux multiples conflits enregistres autour du Lac Tchad et au Soudan. Des crises régionales qui suggèrent des réponses coordonnées de tous les acteurs politiques, diplomatiques et humanitaires.