Présidentielle 2025 au Gabon : l'ONU appelle à un scrutin pacifique, transparent et sincère
Devant les journalistes, le Chef de l’UNOCA a rappelé son mandat et ses priorités, soulignant la place qu’occupe la diplomatie préventive dans les actions que mène le Bureau dont il a la charge pour « garantir un climat de paix avant, pendant et après les scrutins là où les rendez-vous électoraux sont prévus ». A cet égard, il a évoqué ses rencontres avec les différentes parties prenantes à la présidentielle qui aura lieu au Cameroun avant la fin de cette année et celle du 12 avril au Gabon, considérée par plusieurs observateurs comme une étape majeure dans le retour à l’ordre constitutionnel. Sur ce dernier cas, M. Abarry a insisté sur la nécessité de maintenir le calme et la cohésion sociale, invitant les candidats à faire « preuve de retenue dans leurs déclarations », y compris en luttant vigoureusement contre la désinformation et les discours de haine.
Privilégier le dialogue en cas d’éventuelles divergences
Intervenant la veille du lancement officielle de la campagne électorale, cet appel avait tout son sens tout comme le vœu formulé sur l’intégrité du scrutin. Ses résultats doivent refléter « le choix librement exprimé par le peuple au bout d’un processus crédible, inclusif, pacifique, transparent et sincère », a indiqué le Représentant spécial. Il a encouragé « les forces vives de la nation à privilégier le dialogue, la concertation et la recherche du consensus en cas d’éventuelles divergences ». Dans le même esprit, il conseille le « recours aux voies pacifiques et aux institutions compétentes pour régler les désaccords ou les différends qui pourraient survenir au cours du processus ». Pour conclure, il a indiqué que « chacun, à son niveau, doit jouer pleinement son rôle, y compris les forces de défense et de sécurité - appelées à promouvoir un environnement sûr et à protéger les droits des citoyens pendant cette période décisive ».
Faire taire les armes et arrêter l'escalade de la violence en RDC
Outre les questions liées à la gouvernance démocratique et électorale, le Chef de l’UNOCA s’est appesanti sur la situation sécuritaire en Afrique centrale. Abdou Abarry a déploré la poursuite des violences dans le Nord-Ouest et le Sud-Ouest du Cameroun et exprimé ses préoccupations face à la crise persistante dans le bassin du lac Tchad, marquée par les attaques récurrentes de Boko Haram. Il a fermement condamné la plus récente contre une base de la Force multinationale mixte (FMM) à Wulgo (nord-est du Nigeria) et au cours de laquelle au moins onze militaires camerounais ont été tués. Il a réitéré l'engagement des Nations Unies à soutenir les efforts régionaux pour éradiquer le terrorisme et pour faire face à d’autres défis qui interpellent les Etats.

S’agissant de la République démocratique du Congo (RDC), le Représentant spécial a appelé à la cessation des hostilités à l’Est du pays, tout en exhortant les acteurs régionaux et internationaux à intensifier les efforts de paix. « Il faut urgemment faire taire les armes et arrêter l'escalade de la violence pour éviter une régionalisation du conflit ainsi qu’une aggravation de la crise humanitaire », a fait savoir M. Abarry. Il a rappelé la position du Secrétaire général de l’ONU, qui exige le respect de la souveraineté et de l'intégrité territoriale de la RDC.

La session de questions-réponses a permis aux journalistes d’avoir des détails supplémentaires sur les sujets abordés. Invité à prendre part à la conférence de presse, le Représentant résident du PNUD, Luc Gnonlonfoun, a fourni des informations importantes sur la nature de l’assistance électorale des Nations Unies. Il a précisé que l’intervention de l’ONU répond aux attentes identifiées lors de la mission d’évaluation des besoins électoraux qui a eu lieu au Gabon en décembre 2024, à la demande du Gouvernement. Il a aussi tenu a rappeler que l’ONU n’observe pas les élections. Elle ne peut le faire que dans le cadre d’un mandat du Conseil de sécurité ou de l’Assemblée générale de l’ONU.